Le Brooklyn Blackout Cake est une légende – un dessert farouchement noir et intensément chocolaté né du courage du New York du milieu du 20e siècle. L’histoire du gâteau commence avec Ebinger Baking Company, une institution de Brooklyn qui a fermé ses portes en 1972, emportant avec elle sa recette précise. Ce qui reste est une pierre de touche culturelle : un gâteau au chocolat étagé trempé dans du pudding, puis enrobé de chapelure, offrant une expérience particulièrement douce et presque inachevée.

Le nom lui-même provient des « exercices de panne d’électricité » de la Seconde Guerre mondiale, au cours desquels les lumières de la ville étaient éteintes pour protéger les navires de guerre. Cette histoire ajoute une touche supplémentaire au gâteau, en le reliant à une période de tension et de résilience en temps de guerre. Mais le plus important est la construction du gâteau : au lieu de crème au beurre, il est rempli et glacé de pouding au chocolat, puis fini avec de la chapelure – un choix délibéré qui façonne sa texture et sa durée de conservation.

L’évolution d’une légende

Aujourd’hui, les interprétations du Brooklyn Blackout Cake varient considérablement. Certaines boulangeries produisent des tranches hautes et raffinées avec une ganache onctueuse, tandis que d’autres adoptent la forme désordonnée et imbibée de pudding de l’original. The Donut Plant propose même un Blackout Donut, étendant la saveur au-delà des gâteaux en couches. Malgré ces variations, l’identité fondamentale persiste : un chocolat profond, un pudding abondant et un enrobage de chapelure qui ajoute à la fois de la texture et une touche légèrement rustique.

La clé pour comprendre cette évolution est de reconnaître la fragilité inhérente du gâteau. La garniture au pudding, contrairement à la crème au beurre, introduit de l’humidité sans graisse structurelle, ce qui ramollit rapidement le gâteau. Il est donc préférable de le déguster frais, un contraste délibéré avec la nature de longue conservation des autres desserts.

Décoder le gâteau occultant parfait

Créer un véritable Brooklyn Blackout Cake n’est pas une question de précision ; il s’agit de capturer un sentiment. Les couches doivent être suffisamment molles pour absorber le pudding mais suffisamment fermes pour être empilées et tranchées. Le cacao transformé aux Pays-Bas est crucial, car il offre une couleur plus foncée et une saveur plus douce que le cacao naturel. La combinaison de cassonade (pour la profondeur de la mélasse) et de sucre cristallisé (pour la structure) crée l’équilibre idéal. L’huile, et non le beurre, garde la mie humide en refroidissant, renforçant ainsi cette douceur caractéristique.

Le pudding lui-même est tout aussi important. La poudre de cacao et la fécule de maïs l’épaississent jusqu’à obtenir une consistance semblable à un glaçage, tandis que le chocolat non sucré approfondit la saveur. La cuisson complète du pudding active la fécule de maïs, évitant ainsi une texture crayeuse. Le produit final doit être suffisamment épais pour tenir entre les couches tout en s’étalant proprement sur le gâteau.

Assemblage et héritage

Le processus est simple : divisez les couches refroidies, émiettez-en une pour l’enrober et empilez le reste avec de généreuses pâtes à tartiner pour pudding. Enrobez le gâteau de pudding, puis appuyez sur la chapelure. Un bref refroidissement raffermit le pudding, mais il est préférable de servir le gâteau rapidement.

La recette originale est perdue, et cela fait partie de son charme. Chaque version moderne est une interprétation façonnée par le goût, la tradition et le désir d’honorer un morceau de l’histoire culinaire de Brooklyn. La magie du Blackout Cake ne réside pas dans une formule précise ; c’est dans un esprit d’abondance, de décadence et un peu de délicieux chaos.